Nous sommes tous quotidiennement au contact des marchés. Qu’il s’agisse d’acheter de la nourriture, des chaussures de notre marque préférée ou une nouvelle voiture, les marchés sont partout. Cet article explique comment un marché est créé à partir de l’offre et de la demande et comment ils déterminent les prix. En outre, il donne un aperçu de certaines autres caractéristiques du marché.

L’offre et la demande

L’interaction entre l’offre et la demande est une composante importante de l’économie de marché. Au final, c’est le comportement des acheteurs et des vendeurs d’un produit ou d’un bien qui détermine le prix du marché et la quantité échangée. Notre article sur le cycle économique rend compte des échanges de biens et de main-d’œuvre. Ces processus deviendront plus clairs à ce stade.

Dans ce qui suit, nous expliquons d’abord le côté de l’offre, puis celui de la demande. Pour une meilleure illustration, nous nous servirons du marché du pain comme exemple. Luca est boulanger pour un fournisseur sur ce marché. Comparativement, Katrin est une consommatrice de pain.

L’offre

Les vendeurs d’un bien se trouvent du côté de l’offre. L’objectif du fournisseur est de générer le plus de bénéfice possible. Ce bénéfice est déterminé par la différence entre le prix de vente et le coût de production. Les [[coûts de production|1562]] sont tous les coûts nécessaires à la fabrication du produit, c’est-à-dire le coût des matières premières, de la main-d’œuvre et du capital.

Avant de pouvoir produire du pain, Luca doit acheter de la farine, de l’eau, de la levure et tous les autres ingrédients nécessaires. Il doit aussi verser un salaire mensuel aux employés de sa boulangerie. De plus, il doit payer des intérêts sur le capital qu’il a emprunté, par exemple pour acheter son four.

Pour commencer, supposons toutefois que les [[coûts de production|1562]] restent constants et que l’offre n’est influencée que par le prix auquel un boulanger peut vendre son pain. Nous verrons que ce prix est déterminé par le marché et que Luca ne peut pas en décider librement. La loi de l’offre établit que plus le prix d’un bien est élevé, plus la quantité offerte de ce bien est élevée.

Prix (CHF) Quant. pain
0 0
2 1
4 2
6 3
8 4

Tableau 1: offre de Luca

Comme le montre le tableau 1, Luca propose 1 miche de pain au prix de vente de 2 CHF. Plus loin, nous voyons qu’il suit la loi de l’offre. Plus il pourra vendre son pain cher, plus il en offrira. Ce n’est cependant pas surprenant, car cela signifie que, pour le même coût unitaire, il peut réaliser un plus grand bénéfice par pain vendu.

Les informations figurant sur le tableau peuvent également être tracées sur un graphique. La figure 1 montre la courbe d’offre de Luca, c’est-à-dire le rapport entre le prix et son offre.


Image 1: Courbe d’offre de Luca

La demande

Du côté de la demande, on trouve les acheteurs d’un bien. Outre le prix, la demande dépend du revenu des acheteurs, de leurs préférences en matière de pain et de leurs anticipations pour l’avenir. Nous reviendrons plus en détail sur ces facteurs par la suite. Mais pour l’instant, supposons que la demande n’est influencée que par le prix et que les autres facteurs sont constants. La loi de la demande stipule que la quantité demandée d’un bien diminue avec l’augmentation du prix.

Prix (CHF) Quant. pain
0 4
2 3
4 2
6 1
8 0

Tableau 2: demande de Katrin

Le tableau 2 montre la demande de pain de Katrin. Si une miche de pain coûte 2 CHF, elle en achètera 3. De plus, elle suit la loi de la demande. Plus le pain est cher, moins elle en achète.

Au prix de 8 CHF, elle n’en voudra d’ailleurs plus. En effet, elle considère que 8 CHF par pain est trop cher pour qu’elle en achète. Katrin pourra peut-être alors acheter les ingrédients pour fabriquer du pain elle-même. D’autre part, elle n’achètera pas un nombre infini de miches de pain, même au prix de 0 CHF. Elle ne saurait que faire de plus de 4 pains. C’est ce qu’on appelle la quantité de saturation.

Comme pour l’offre, on peut tracer un graphique à partir du tableau. La figure 2 montre la courbe de demande de Katrin, c’est-à-dire la relation entre le prix et la quantité demandée.


Image 2: demande de Katrin

Le modèle de marché

Nous avons pris connaissance des concepts de l’offre et de la demande. Examinons maintenant comment se forme le marché. Nous pourrons alors comprendre la notion d’équilibre de marché. Nous verrons également les termes de surplus du producteur, de surplus du consommateur et d’efficience.

La création d’un marché

L’offre et la demande se rencontrent sur le marché. Jusqu’à présent, nous n’avons vu qu’un seul exemple de courbe de l’offre et de la demande. Sur le marché dans son ensemble, il n’y a pas que Luca et Katrin qui interagissent, mais tous les boulangers et les consommateurs de pain. On additionne alors toutes les courbes d’offre du marché pour déterminer l’offre dans son ensemble ainsi que toutes les courbes de demande pour trouver la demande du marché. Ce marché est illustré par la figure 3.


Image 3: Equilibre de marché

Pour les explications suivantes, il est important d’établir que notre marché du pain se trouve en situation de concurrence parfaite. Cela signifie que sur ce marché, de nombreux fournisseurs différents interagissent avec de nombreux demandeurs (les consommateurs). De plus, sur un marché de ce type, il n’y a pas de différence entre les pains proposés, c’est-à-dire qu’ils sont tous identiques. Cependant, cela signifie qu’aucun acteur du marché n’est en mesure d’influencer le prix du marché.

Si Luca offre son pain à un prix plus élevé que celui du marché, Katrin ira chez un autre boulanger. Si tous les boulangers demandent un prix plus élevé, ils ne pourront plus vendre la totalité du pain qu’ils produisent, car la demande sera alors insuffisante. Il y aura une offre excédentaire. Comme Luca veut vendre tout son pain, il commencera cependant à baisser son prix et à vendre son pain moins cher que les autres boulangers. Afin de ne pas perdre leurs clients, les autres boulangers devront également ajuster leurs prix. Ces ajustements se produiront jusqu’à ce que le prix du marché soit à nouveau atteint. La réduction des prix réduira du même coup l’offre excédentaire, car les boulangers offriront moins de pain si les prix sont plus bas.

Équilibre

L’offre et la demande du marché s’adapteront jusqu’à ce que l’offre corresponde exactement à la demande. Lorsque cela se produit, le marché est en équilibre. Dans la figure 3, le point d’équilibre se trouve à l’intersection des deux courbes.

Au prix d’équilibre, l’offre et la demande sont égales. La quantité offerte et demandée au prix d’équilibre est appelée quantité d’équilibre. Le prix d’équilibre dans notre exemple de marché est de 4 CHF par miche de pain. Cependant, notre exemple ne permet pas de calculer la quantité d’équilibre concrète à ce prix. Pour cela, nous aurions besoin des informations sur tous les fournisseurs et tous les demandeurs. Nous ne connaissons néanmoins que Luca et Katrin.

Surplus du producteur et du consommateur

Le surplus du producteur sert à mesurer les bénéfices des producteurs. Il s’agit de la différence entre le prix de vente et les [[coûts de production|1562]] et de vente d’un bien. Supposons que Luca dépense 2 CHF pour fabriquer et vendre une miche de pain. Sur notre marché, son surplus du producteur est donc de : 4 – 2 = 2 CHF. Si on effectue ce calcul pour tous les fournisseurs du marché, le résultat est représenté par la zone rouge sur la figure 4.

Le surplus du consommateur sert à mesurer les avantages des consommateurs. Il s’agit de la différence entre le prix le plus élevé qu’un consommateur est prêt à payer pour un bien et le prix du marché. Dans le cas de Katrin, nous savons, d’après le tableau 2, qu’elle est prête à payer 6 CHF au maximum pour une miche de pain. Le prix d’équilibre sur notre marché est de 4 CHF. Le surplus du consommateur est donc de : 6 – 4= 2 CHF. Si on effectue ce calcul pour tous les demandeurs du marché, le résultat est représenté par la zone bleue sur la figure 4.


Image 4: Rente des consommateurs et des producteurs

Le surplus total (ou [[bien-être|1182]] total) est la somme du surplus du consommateur et du surplus du producteur. En situation d’équilibre, le gain total est maximal.

Lorsque le prix du marché s’écarte du prix d’équilibre, le surplus total change. Dans notre exemple du marché du pain, un prix du marché plus élevé entraînerait un surplus du producteur plus élevé et un surplus du consommateur plus faible. Il est crucial de noter que le surplus du consommateur diminuerait plus fortement que le surplus du producteur n’augmenterait. Un déséquilibre crée donc une perte de [[bien-être|1182]]. En effet, dans ce cas, le [[bien-être|1182]] total est plus faible qu’en situation d’équilibre.

efficience

Ce chapitre intermédiaire traite de l’évaluation de l’équilibre. L’efficience signifie qu’une répartition donnée des ressources maximise le [[bien-être|1182]] global. D’un point de vue économique, un marché efficient est un marché optimal. Sur la figure 3, notre marché est efficient. Le prix d’équilibre a permis de maximiser le surplus du producteur et celui du consommateur.

La main invisible du marché imaginée par Adam Smith stipule qu’on peut atteindre l’efficience dans des marchés concurrentiels libres (sans intervention de l’État). D’un point de vue économique, les marchés devraient donc être aussi libres que possible.

Cependant, un marché efficient n’est pas nécessairement optimal du point de vue sociétal. La question d’une répartition équitable est exclue. L’efficience implique que le gâteau à distribuer doit être aussi gros que possible. Mais la mesure dans laquelle il est équitablement réparti entre les parties concernées est une autre question.

Modifications des conditions de base

Jusqu’à présent, nous avons supposé que l’offre et la demande sont uniquement influencées par les prix. Selon les lois de l’offre et de la demande, l’influence des prix entraîne des mouvements le long des courbes. Cependant, nous savons que l’offre et la demande dépendent aussi d’autres facteurs. Nous allons maintenant mettre en évidence comment un changement de ces autres facteurs affecte la courbe de l’offre ou de la demande à prix constant. En principe, si un changement augmente (diminue) l’offre ou la demande, la courbe se déplace vers la droite (ou la gauche). La figure 5 illustre la situation pour la courbe d’offre. Le principe est le même pour la courbe de demande.


Image 5: Déplacement de la Courbe d’offre

Du côté de l’offre

Le prix des apports (facteurs de production) a une influence majeure sur l’offre. Il s’agit du prix des biens nécessaires à la production. Ce sont par exemple des matières premières ou du temps de travail. Lorsque la farine devient soudainement deux fois plus chère, la production de pain de Luca devient moins rentable et il en offrira donc moins.

Le progrès technique favorise l’offre. En effet, une meilleure technologie rend les méthodes de travail plus efficaces ou augmente le rendement pour le même apport économique. Dans les deux cas, les [[coûts de production|1562]] diminuent et une plus grande quantité est alors offerte.

Toutefois, l’offre dépend aussi des anticipations de chacun pour l’avenir. Si Luca s’attend à ce que le prix du pain chute fortement et durablement, il en offrira moins.

L’offre du marché est la somme de toutes les offres individuelles. Le nombre de vendeurs sur le marché a donc aussi une certaine importance. Si Luca ferme sa boulangerie, l’offre baisse, car la quantité de pain qu’il offrait est soustraite du marché.

Du côté de la demande

Du côté de la demande, le revenu des consommateurs constitue un important facteur d’influence. Si Katrin ne gagnait plus que 30 000 CHF par année au lieu de 50 000 CHF, elle n’achèterait plus la même quantité de pain qu’avant. Comme elle a moins d’argent à sa disposition, elle réduira ses dépenses en pain afin d’avoir encore assez d’argent pour d’autres biens.

Toutefois, la demande dépend également des prix des biens apparentés. On distingue les effets des biens complémentaires de ceux des biens de substitution. Katrin mange toujours son pain avec du beurre et de la confiture. Si le pain devient plus cher, elle achètera automatiquement moins de confiture (complément). Si le prix du beurre augmente, elle achètera moins de beurre et plus de margarine (substitut).

Comme dans le cas de l’offre, la demande est influencée par les anticipations. Si Katrin attend des visites dans les prochains jours, elle achètera plus de pain que pour elle seule.

La demande du marché est aussi influencée par le nombre d’acheteurs. Plus il y a d’acheteurs, plus la demande est forte.

Nouvel équilibre

Si la courbe de l’offre, la courbe de la demande ou les deux se déplacent, l’équilibre du marché changera. En principe, il est assez facile de déterminer dans quelle direction va se déplacer le nouvel équilibre.

Tout d’abord, il faut déterminer si le changement des conditions de base entraîne une augmentation ou une diminution de l’offre et, respectivement, de la demande. On trace ensuite les nouvelles courbes du modèle. Le nouvel équilibre se trouve alors à l’intersection des nouvelles courbes. Ce déplacement des courbes sur le graphique ne permet pas de déterminer exactement le nouveau prix d’équilibre ou la nouvelle quantité d’équilibre. On peut cependant estimer si, par exemple, le prix d’équilibre va baisser ou augmenter.

Cette démarche est illustrée par la figure 6.


Image 6: Nouvel équilibre lors d’un déplacement de la Courbe d’offre de demande

Selon la courbe, on peut imaginer le scénario suivant. Les prix des facteurs de production ont augmenté. Pour Luca et les autres boulangers, la production devient plus chère et ils offrent donc moins de pain. Dans le même temps, les revenus augmentent du côté de la demande. Par exemple, Katrin et les autres demandeurs reçoivent une augmentation de salaire, ce qui augmente alors leur demande de pain.

Suite à ces changements, le prix d’équilibre augmentera dans tous les cas. On ne sait pas si la quantité d’équilibre augmente ou diminue. Cela dépend de laquelle des courbes de l’offre ou de la demande change de manière plus significative. Dans le cas du graphique à la figure 6, l’effet de la hausse des prix des facteurs de production prime et la quantité d’équilibre diminue.

En résumé

Une interaction sans entrave entre l’offre et la demande sur un marché libre est en principe souhaitable. Souvent, un tel marché peut être efficient et donc économiquement considéré comme optimal. De plus, il est difficile de prédire de manière fiable l’impact des interventions sur le marché. Toutefois, ce modèle ne peut fonctionner que sous certaines conditions. Ces objectifs ne sont néanmoins pas toujours atteints. Notre article « L’État et le marché » examine de plus près les problèmes qui se posent.

Literaturverzeichnis

Mankiw, N. G. (2012). Grundzüge der Volkswirtschaftslehre. Stuttgart: Schäffer-Poeschel.

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